dimanche

Premier jour en France


Ce matin ressemble à ces matins où l'on se réveille après un rêve rare. Un de ces rêves que l'on fait de temps en temps. Un de ceux où l'on vole.
Après, on a beau fermer les yeux pour y retourner, ça ne fonctionne plus. On est passé du ciel au ciment. On est tombé, voilà tout. Et ça, sans même avoir eu la chance de ressentir la chute... Ne serait-ce que pour comprendre, voire même accepter, ce qui était en train d'arriver.
Alors, ce matin je suis tombé. Voilà tout.

Mon passeport est posé sur la table, dans un coin, au bord du vide. Prêt a tomber, lui aussi. Je n'arrive pas à me résoudre à le ranger à nouveau dans un de ces putains de tiroirs où j'entrepose les factures, les pièces rouges et les porte-clefs en forme de tour Eiffel.
Après tout, je ferai peut-être mieux de le laisser là, au beau milieu de ma vie, en plein dans le bordel qui règne en dehors des tiroirs.
A portée de main, en France, c'est là qu'il me semble être le plus utile. On ne sait jamais, si un jour il me prend l'envie... Pour de bon, je veux dire...

Le truc marrant, c'est que durant tout ce temps loin d'ici, ce passeport était (et fut) ce que je DEVAIS considérer comme mon bien le plus précieux. Mon billet retour. L'assurance de pouvoir un jour rentrer « chez moi », bien rangé à ma place. Tout ceci m'arrache un sourire. En coin, lui aussi.
Au fond, ce passeport, j'aurais sans doute mieux fait de le perdre.



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