lundi

Thon-mayonnaise


En ouvrant la dernière boite de thon à la mayonnaise, il décida de s'accorder une tranche supplémentaire de plaisir en tapant aussi dans le paquet de pain-de-mie sans croute, histoire d'agrémenter le repas. La pièce était sans musique.
C'était pas un repas ultra glamour, c'est vrai, mais avec le pain ça devrait tenir jusqu'au soir, se dit-il. Le soir, là c'est pas pareil, y'a le petit qui rentre de l'école. Il faut que ça brille, que ça sourit, qu'il ait du bruit et de la vie, surtout. Alors le soir il épluche six pomme-de-terre parce que le sac en contient 18, il fait des petits tas de pelures sur la table pour remplir l'espace et quand il sent qu'il va chialer il pèle un oignon. C'est bien les oignons. Ça crépite dans la poêle.

La première bouchée de thon à la mayonnaise chimique était toujours un peu dégueulasse. Une boite en contient huit. Après, ça dépend des bouchées bien sûr. Mais à moins de six, tu vomis. C'est une loi de la nature.
En jetant la petite conserve vide dans la poubelle, qui, vu sa gueule, aurait elle-même sa place dans une poubelle plus grande, il se demanda à partir de quel moment on était en droit de considérer qu'une période de merde de la vie, était en fait une vie de merde tout entière ?



1 commentaire:

Commentaire